Vesta passe visiblement à l’opposition

Le 4 mars 2021, l’astéroïde Vesta passe à l’opposition, c’est-à-dire la Terre va se trouver exactement entre l’astéroïde et le Soleil. Avec une magnitude proche de 6.0 début Mars, Vesta pourra être visible à l’œil nu dans des conditions très favorables. Mais avec des jumelles ou des télescopes, ce deuxième plus gros astéroïde après Cérès, mais plus brillant que celui-ci, sera très facile à repérer. Le jeudi 4, il passe emtre les étoiles Chertan et 81 Leo, comme le montre la carte ci-dessous.

Avec un diamètre moyen d’environ 530 km, Vesta contribue pour 9 % de la masse totale de la ceinture d’asteroïdes. Il a perdu environ 1 % de sa masse lors du choc avec un autre astéroïde, il y a moins d’un milliard d’années. Plusieurs des fragments en résultant ont frappé la Terre sous forme de météorites.

La Lune et sa libration

La Lune le 19 janvier 2021. Lunation de 6.7 jours et 41% d’illumination. Au nord-est, la Mer de Humboldt est bien visible. Mosaïque de six photos par Roland avec une lunette 70/420. Cliquer pour l’agrandir.
Le nord-est de la Lune le 19 janvier (à gauche) et le 25 février 2021 (au centre) simulé avec le logiciel Virtual Moon Atlas. On note que la Mer de Humboldt dépend d’une libration favorable. Le phénomène de libration lunaire (du latin librare, « mettre en équilibre, se balancer ») est une lente oscillation de la Lune vue depuis la Terre qui permet de voir un total de 59 % de la surface de la Lune. L’illustration de droite montre la libration en février 2021 (source: https://www.lunarphasepro.com/the-moon-this-month/). Cliquer pour l’agrandir. La partie « cachée » du nord-est avec la Mer de Humboldt était bien visible entre les 10 et 15 février. Par contre, vers le fin du même mois la libration a favorisé la visibilité de la partie « cachée » du sud-ouest de la Lune.

Les plus belles cibles d’Orion

Malgré un hiver très compliqué pour les amoureux des étoiles, Yoan a bien utilisé les rares nuits étoilées pour faire de magnifiques photos des deux ‘stars’ d’Orion: la Nébuleuse M42 et la Tête du Cheval. Bravo Yoan! Cliquer sur chaque photo pour les agrandir.

La Tête du Cheval (IC 434) et à gauche, la Nébuleuse de la Flamme (NGC 2024). En haut, Alnitak, l’étoile la plus à l’Est des trois étoiles de la ceinture d’Orion. Photo prise par Yoan de son balcon à Saint-Gaudens les 18 et 19 janvier 2021 avec 3 heures de pose chaque nuit. Lunette Altair Astro 102 et caméra Canon 700D défiltrée, équipée d’un filtre Baader L-Booster UHC-S/L 2″, et d’un focuser électrique fait maison (sauf la conception). La Lune était presente les deux nuits, à respectivement 31% et 40% du disque illuminé .
La Nébuleuse d’Orion M42 photgraphiée le 21 novembre 2020 de l’Observatoire de Saint Médard. 35 poses de 3 minutes (1h45) avec 40 darks, 31 flats et 30 offsets. À gauche, NGC 1977, aussi appelée la Nébuleuse de l’Homme qui court (Running Man Nebula, en anglais). Cette region qui se trouve au-dessous des trois étoiles de la ceinture d’Orion, forme l’astérisme connu sous le nom d’Épée d’Orion.

La grande conjonction Jupiter-Saturne

Jupiter avec ses quatre grands satellites et Saturne photographiés le 22 décembre 2020 à 18h00, le lendemain de la conjonction. Les deux planètes sont distantes de 9 minutes d’arc, 3 minutes d’arc de plus que le 21 décembre. Photo de Roland à Montréjeau avec le télescope Maksutov SW 102/1300 et la caméra ASI385. Les deux planètes ont des luminosités assez différentes. Pour rendre visibles les deux planètes sur la même photo, Roland a fait un photomontage mais en respectant la distance entre les deux objets. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.

Un rendez-vous qui n’a lieu que tous les 20 ans

Le ciel est resté gris au-dessus du Comminges le 21 décembere 2020, le jour J de la grande conjonction entre Jupiter et Saturne. Pas mal de nuages le lendemain aussi, mais Roland (photo ci-dessus) et Tore (photo du bas) ont reussi à capter l’événement juste avant que les deux planètes se soient couchées à l’ouest.

La période orbitale de Saturne étant de 29,5 années et celle de Jupiter de 11,9 années, on peut calculer que Jupiter « rattrape » Saturne tous les 20 ans (19,86 ans très exactement). Si une conjonction entre Jupiter et Saturne a eu lieu en décembre 2020, cela signifie qu’une conjonction a eu lieu aussi en 2000 (le 28 mai très précisément) et que la prochaine suivra en 2040 (le 31 octobre).

Les plans orbitaux des deux planètes sont légèrement différents et l’orbite de Saturne est inclinée de 1,25 degré sur celle de Jupiter. Lors d’une conjonction, les planètes peuvent se trouver en n’importe quel point de leur orbite, si bien que la distance minimum sur le ciel peut varier entre 0 degré (conjonction juste à l’intersection des orbites) et 1,25 degré (75 minutes d’arc).

Conjonctions Jupiter-Saturne sur 4000 ans, avec les distances minimales. Sur les 200 conjonctions dans cette période, environ une dizaine sont comparables ou plus serrées que celle du 21 décembre 2020. Les dernières conjonctions les plus serrées datent de 1623 (difficilement observable) et de 1226. On retrouve des paires de conjonctions serrées à des intervalles de 60 ans (2020, 2080) résultant du fait que 60 ans correspond à peu près à 2 périodes orbitales de Saturne et 5 périodes de Jupiter.
La conjonction photographiée par Tore le 22 décembre 2020 à 18h28 à Latoue avec le télescope Celestron C11 et la caméra ASI224. Ici la luminosité des deux planètes a été équilibrée à l’aide de Photoshop.