De 3 à 300 millions d’années-lumière : trois regards sur l’Univers lointain

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Le 6 novembre 2026, nous avons profité d’un ciel particulièrement serein pour photographier, avec l’eVscope, trois objets célestes situés à des distances très différentes de notre système solaire.

À gauche, la galaxie du Triangle (M33), distante d’environ 3 millions d’années-lumière. Elle est l’une des trois grandes galaxies du Groupe local, avec notre propre galaxie, la Voie lactée, et la galaxie d’Andromède (M31).

Au centre, la galaxie du Fantôme (M74), située à environ 30 millions d’années-lumière.

Enfin, à droite, le célèbre Quintette de Stephan, un groupe compact de galaxies dont la plupart se trouvent à environ 300 millions d’années-lumière de nous !

Comment se repérer dans le ciel ?

La carte montre la position, le 6 novembre 2026 à 22 h 25, des trois objets photographiés au cours de cette soirée. À gauche, M33 et M74 ; à droite, le Quintette de Stephan. (Source : Carte du Ciel)

Pour localiser précisément un astre dans le ciel, les astronomes utilisent notamment deux coordonnées : l’ascension droite (AD) et la déclinaison (DÉC). Prenons comme exemple l’étoile Alphératz, située dans la constellation d’Andromède, pour laquelle AD = 00h 10m et DÉC = +29°05′.

La déclinaison (DÉC)

La déclinaison est la distance angulaire d’un astre mesurée en degrés par rapport à l’équateur céleste. Elle est positive vers le pôle nord céleste et négative vers le pôle sud céleste.

L’équateur céleste est la projection de l’équateur terrestre sur la sphère céleste. La déclinaison positive de 29°05′ indique qu’Alphératz se trouve à un peu moins d’un tiers de la distance angulaire entre l’équateur céleste (DÉC = 0°) et le pôle nord céleste (DÉC = +90°).

Aux équinoxes de printemps et d’automne (vers le 20 mars et le 22 septembre), le Soleil se trouve sur l’équateur céleste. Sa trajectoire diurne (le cercle qu’il décrit dans le ciel au cours de la journée) coïncide alors avec l’équateur céleste.

Comme le Comminges se trouve à environ 43° de latitude nord, l’altitude de l’équateur céleste au Sud est de (90-43)°, soit environ 47 degrés. Donc, vers l’horizon sud, on peut en théorie voir des objets qui ont une déclinaison jusqu’à -47 degrés (ceux qui rasent l’horizon).

Par contre, à l’Est et à l’Ouest, l’altitude de l’équateur céleste est de 0 degré. Enfin, vers le Nord, l’étoile polaire culmine à 43 degrés de hauteur, tandis que l’équateur céleste plonge à 47 degrés sous l’horizon.

L’ascension droite (AD)

L’ascension droite correspond à la coordonnée angulaire d’un astre mesurée le long de l’équateur céleste, à partir du point vernal (AD = 0 h), là ou se trouve le soleil le 20 mars (l’équinoxe de printemps). Elle se mesure vers l’Est, en heures, minutes et secondes.

Pour Alphératz, l‘ascension droite est de 00 h 10 min.

C’est une coordonnée propre à l’étoile : elle ne dépend pas de l’heure ni de la position de l’observateur sur Terre.

L’angle horaire (AH)

L’angle horaire indique la distance angulaire entre le méridien céleste de l’astre et le méridien local de l’observateur. Il se mesure le long de l’équateur céleste, à partir du méridien local et vers l’ouest.

Il s’exprime en heures, minutes et secondes. Une heure correspond à 15 degrés de rotation sur la sphère céleste.

Pour Alphératz, l’angle horaire est ici de 00 h 23 min. Cela signifie que l’étoile se trouve à 23 minutes sidérales à l’ouest du méridien local.

Contrairement à l’ascension droite, l’angle horaire évolue continuellement avec la rotation apparente du ciel.

Le temps sidéral local (TSL)

Le temps sidéral local (TSL) indique la position du méridien local par rapport au repère céleste. Il permet notamment de déterminer quels astres passent au méridien à un instant donné.

Il est égal à la somme de l’ascension droite et de l’angle horaire :

TSL = AD + AH

Dans notre exemple, pour Alphératz :

  • AD = 00 h 10 min
  • AH = 00 h 23 min
  • TSL = 00 h 33 min

Ainsi, à l’instant de cette observation, le temps sidéral local est de 00 h 33 min.

Illustration créée à l’aide de ChatGPT.

À retenir : l’ascension droite et la déclinaison sont les deux coordonnées qui permettent de repérer un astre sur la sphère céleste. L’ascension droite est indépendante de l’heure et du lieu d’observation, tandis que l’angle horaire évolue continuellement avec la rotation apparente du ciel. Leur addition donne le temps sidéral local, un repère essentiel pour se repérer dans le ciel et pointer précisément un objet avec un télescope.

La Lune, Vénus et le petit homme à la lampe

Oliver a pris cette photo de la Lune et de Vénus le 14 septembre 2026 à 12 h 30, alors que la Lune se levait derrière le Pic Saillant (Pic de Gar) et que Vénus venait tout juste de sortir de l’occultation par la Lune.

On dirait un petit bonhomme à la surface de la Lune, qui nous éclaire avec sa lampe ! Photo prise avec un reflex Nikon équipé d’un téléobjectif de 500 mm (1/640 s, f/9).

Trois nébuleuses remarquables dans le ciel de septembre

Le 4 septembre, nous avons profité d’une belle soirée d’observation pour explorer une région particulièrement riche de la Voie lactée, autour de la constellation du Sagittaire. La carte ci-dessus permet de situer trois magnifiques nébuleuses observées au cours de cette nuit avec notre eVscope 2 : M8, M20 et M16.

M8 – La nébuleuse de la Lagune
Située dans le Sagittaire, M8 est l’une des grandes nébuleuses d’émission visibles dans le ciel d’été. Ce vaste nuage de gaz et de poussières abrite de nombreuses étoiles jeunes et chaudes qui illuminent la matière environnante.

M20 – La nébuleuse du Trèfle
Également située dans le Sagittaire et proche de M8, M20 se distingue par ses remarquables bandes sombres de poussière qui lui donnent son aspect caractéristique. Elle combine des régions d’émission, de réflexion et d’absorption, ce qui en fait une cible particulièrement intéressante pour l’observation et la photographie.

M16 – La nébuleuse de l’Aigle
En remontant vers le nord, nous quittons le Sagittaire pour atteindre Serpens Cauda, la partie ouest de la constellation du Serpent, où se trouve M16. Cette célèbre région de formation stellaire est notamment connue pour les Piliers de la Création, d’immenses structures de gaz et de poussières rendues célèbres par les images du télescope spatial Hubble.

Les trois images présentées ici ont été réalisées le 5 septembre avec l’eVscope. Elles offrent un aperçu de la richesse de cette région de la Voie lactée, où se côtoient de vastes nuages interstellaires, des étoiles nouvellement formées et des structures sculptées par le rayonnement stellaire.

Une belle façon de parcourir, en une seule soirée, une petite partie des trésors du ciel profond.

Une nuit sous le signe de l’éclipse lunaire

L’éclipse partielle de la Lune du 28 août, photographiée avec des reflex Canon par Pierre à 04h46 (à gauche) et par Tore à 06h09, juste avant le maximum de l’éclipse à 06h12 (à droite).

Comme la Lune était seulement à 10 degrés au-dessus de l’horizon, la partie éclipsée a pris une couleur bien rougeâtre. Lors d’une éclipse lunaire, la lumière du Soleil traverse l’atmosphère terrestre avant d’atteindre la Lune. L’atmosphère diffuse davantage les lumières jaune, verte et bleue, tandis que la lumière rouge la traverse plus facilement : c’est pourquoi la Lune prend une teinte rougeâtre.